Phares et sémaphores

Les phares de Belle Ile sont sous la responsabilité de l’administration des phares et balises. Une équipe de 5 gardiens veillent par roulement, 24 h sur 24, au bon fonctionnement de ces phares et aux feux de l’entrée du port de Palais et de ceux de Sauzon.

poulainsLe phare de la Pointe des Poulains, construit en 1867 et occupé par un gardien jusqu’en 1987, balise les ilots de la pointe nord-ouest de l’île, dangereux pour la navigation. Automatisé et d’une portée de 23 miles, l’autonomie est assurée par des panneaux solaires.
Le site est très prisé pour la vue qu’il réserve par temps clair jusqu’à l’île de Groix.

 

IMG_1115Le phare de Kerdonis signale la pointe sud-est de Belle Ile aux bateaux sortant de loir. À l’abri des vents de secteur ouest, le petit bâtiment rouge, automatisé, est surmonté d’une tourelle aux vitres rouges.

 

 

Louis Garans (Belle Ile en mer, histoire d’une île aux éditions Palantineraconte qu’il fut le théâtre d’un drame le 18 avril 1911.
« Selon le livre de bord, le gardien, Alexandre Matelot, est pris de violentes douleurs au ventre alors qu’il procède au nettoyage de la lanterne. Le mal est foudroyant et il meurt dans la soirée. C’est son épouse qui procédera à l’allumage. Mais quelques minutes après, la fille de la gardienne, Eugénie, prévient sa mère que la lanterne ne tourne pas. (…) La veuve demande à ses enfants de relancer à la main la lourde mécanique chaque fois qu’elle s’arrête. Durant toute la nuit, ses deux gamins de 13 et 14 ans assureront la rotation du plateau de bronze.
« Le lendemain, le « conducteur » envoie un remplaçant et Mme Matelot et ses enfants sont priés de quitter les lieux. La pauvre femme, qui n ‘a aucune qualification, ne peut espérer remplacer son mari. Elle va chaque jour à pied à la perception de Palais voir si le dernier salaire de son mari est enfin arrivé et si elle peut espérer une autre affectation. Le percepteur, pris de pitié, écrit au Figaro qui raconte toute l’affaire, le 6 juin 1911, c’est alors un grand mouvement d’indignation et de solidarité qui commence.
« Toute la presse reprend l’incident en l’enjolivant. Le président du conseil, aux prises avec une crise ministérielle naissante, saute sur l’occasion et demande des précisions au directeur des phares et balises à Paris. Celui-ci télégraphie au bureau de Belle Ile pour confirmation des faits. Le conducteur enfin informé ne peut que confirmer.
« A partir de ce moment, tout va très vite. Des dizaines de télégrammes arrivent au bureau de Palais. Les 54 francs 17 sont versés, la veuve reçoit une promesse de reclassement, les enfants sont aidés, des mandats arrivent de toute la France et le gouvernement est sauvé. « La veuve recevra la médaille d’honneur des travaux publics et la médaille d’or du ministère de l’intérieur. »

Théodore Botrel écrit une chanson à la gloire des jeunes héros. L’histoire des deux enfants sert de dictée au certificat d’études et le personnel des phares et balises sort glorifié de cette aventure. Quant à la veuve Matelot, couverte de médailles et reclassée, elle quittera Belle Ile pour Kéroman et élèvera ses enfants avec le produit des dons et des collectes. »

Vue du haut du Grand phare

Le grand phare de Kervilahouen a été édifé de 1826 à 1835 d’après les plans de l’ingénieur Augustin Fresnel. Une réplique du mécanisme et des lentilles fragmentées, grande nouveauté, est présentée au public parisien lors de l’Exposition universelle de 1855.
Le Grand phare sur le site de la CCBI
Document INA 1999

 

GRAND PHARE

Grand Phare

La tour, construite en granit blanc de Pont-Aven, mesure 52,25 m pour 7,30 m de diamètre à la base et 5,50 m au sommet. Elle est équipée d’un feu tournant qui culmine à 87,25 m au dessus de la mer. Il est possible de visiter le mécanisme mais il faut gravir un escalier en spirale de 213 marches qui conduit à la plate-forme d’où l’on voit toute l’île.
Visite du phare

Quatre sémaphores étaient sous la responsabilité de la Marine. Le sémaphore du Talut est le seul à encore communiquer avec les navires qui passent au large et fait des relevés pour la Météo. Les systèmes informatiques actuels ont rendu inutiles ces bâtiments militaires. Un système de pavillons le jour ou de feux la nuit, utilisant des codes secrets, permettait à l’état major de la citadelle de Palais de communiquer de proche en proche avec l’ensemble des défenses côtières.

Le sémaphore d’Er Hastellic est en ruine, Arzic a été vendu et le sémaphore de Taillefer a été acquis par la municipalité de Palais.